Mali : Lancement du concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) : Le nouveau DG déjà victime de harcèlement et d’intimidation

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les candidats au concours de la nouvelle ENA

Depuis le lancement du concours d’entrée à l’Ecole Nationale d’Administration (ENA) du Mali,  il y a quelques jours, le nouveau DG de cette prestigieuse école ne dort plus que d’un œil.

Et pour cause, il fait l’objet de harcèlement de la part d’un réseau de magouilleurs habitué à ce genre de choses dès qu’un concours est lancé. Il s’agit de personnes se réclamant de l’entourage du président IBK, de sa famille, de sa formation politique, des  ministres ou ex ministres, des hauts gradés de l’armée et même  des hauts fonctionnaires…

En effet, depuis la création de  l’ENA nouvelle formule en 2006,  il a été décidé de fermer les autres voies d’accès à la fonction publique pour les corps des Inspecteurs du trésor, des impôts, des finances, des services économiques, des douanes, des planificateurs, des conseillers des affaires étrangères, des administrateurs civils et des administrateurs du travail, de la sécurité sociale. En d’autres termes,  pour être recruté dans la fonction publique dans ces 9 corps, un seul chemin : le concours d’entrée à l’ENA.

C’est pour ces raisons que l’ENA est de nos jours très prisée par les jeunes sortants des  facultés et leurs parents. Tout le monde veut devenir ‘’Enarque’’. Ce qui est d’ailleurs normal.

Les portes de l’ENA sont ouvertes à tout citoyen, mais seulement, il faut le mériter car cette école a été créée pour doter l’administration de cadres valables.  Pour cela, le président Amadou Toumani Touré avait mis en place, une équipe digne de ce nom à sa tête, dirigée par le professeur Fousseyni Samaké, un homme dont la probité morale ne souffrait d’aucun doute. De 2006 à nos jours,  l’ENA a recruté trois (3) promotions.  Plus étonnant, les quotas proposés n’ont jamais été atteints, car pour être énarque, il faut une moyenne de 10/20 et ne pas avoir une note éliminatoire, c’est-à-dire inférieure à 8/20.  La première promotion était de 69 élèves sur 100 recherchés, la 2ème , 82 sur 100 recherchés et la 3ème  , 93 sur 100 recherchés.

En réalité, ce constat qui a surpris plus d’un Malien a encouragé les jeunes sortants de nos universités à croire en l’avenir, à réfléchir autrement. Mieux, les enfants des pauvres ont commencé à croire que la fonction publique est accessible pour tous, car  il suffit de travailler. Combien de jeunes se sont mis au travail, rien qu’avec cet espoir qui donne un autre visage au Mali nouveau avec une administration compétente.

Avec cette nouvelle ENA, on pouvait espérer car le professeur Samaké a su relever le défi en mettant dans l’administration, trois bonnes promotions dont certains sont déjà  des chefs de services, des conseillers techniques, des chefs de divisions. En si peu de temps, ces jeunes recrues composées majoritairement d’enfants de pauvres ont prouvé qu’ils sont à la hauteur des attentes. Pas un jour ne passe sans qu’un de ces jeunes ne se soit félicité ou promu à cause de la qualité du travail qu’il fournit.

Hélas, ce grand espoir que les jeunes chômeurs entretenaient depuis quelques temps risque de s’estomper. Pour la simple raison que le puissant et incorruptible DG Samaké qui a chassé des envoyés de Mme Touré Lobbo Traoré et d’anciens ministres a fait valoir ses droits à la retraite.

Les rênes de l’ENA sont tenues par un nouveau DG, M. Keita. Ce dernier aussi est connu pour sa position d’homme incorruptible. Mais jusqu’où il peut aller. Peut-t-il résister comme son prédécesseur Samaké ?

Rien n’est moins sûr. Selon des sources proches de l’ENA, depuis le lancement du concours il y’a quelques jours, pas une journée ne passe sans que ce dernier ne fasse l’objet de harcèlement de la part d’un candidat ou d’un parent de candidat, mais pas les moindres. Il s’agit des ministres en activité, des hauts fonctionnaires de l’administration, des riches opérateurs économiques, des chefs de partis de la majorité présidentielle, des hauts gradés de l’armée, de la police. Tous proposeraient de l’argent, des avantages inestimables au DG, en contrepartie, que leurs enfants figurent parmi les admis au concours d’entrée à l’ENA.

Si certains ont tenté par la manière douce, d’autres essayeraient de passer par des voies d’intimidation. Il s’agit de hauts cadres du parti au pouvoir qui auraient même fait une exigence au nouveau DG : soit il leur donne un quota sur les 46 postes prévus où il sera remercié juste après le concours.

A cet effet, ils auraient déjà envoyé une liste à la Direction de l’ENA.

Que peut faire donc faire  le nouveau DG pour résister à ce réseau de mafieux ?

Les chômeurs doivent-ils se croiser les bras et regarder ce réseau prendre en otage le nouveau DG ou le pays ?

Le nouveau DG a donc besoin du soutien de tous pour réussir cette mission.

A suivre.

G. D

Source : Tjikan

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