Dérive totalitaires au Mali : Le président IBK menace d’interrompre le budget du chef de file de l’opposition

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Ibrahim Boubacar Keïta, le président de la République du Mali est encore sorti de ses gonds lors des présentations de vœux du nouvel an à Koulouba. Après avoir traité ses détracteurs d’imposteurs lors de son discours du nouvel an, le chef de l’Etat du Mali est monté au créneau pour, cette fois ci, menacer d’interrompre le budget alloué par l’Etat malien au bureau du chef de file de l’opposition malienne.

Sur un ton colérique, le président malien a déclaré : « On donne de l’argent au chef de file de l’opposition, mais il n’arrête pas de nous insulter, de dénigrer tout nos efforts. On n’a pas 500 millions à jeter par la fenêtre. Ce que la loi a consacré peut être changé par la loi ». Cette nouvelle sortie ratée d’IBK a laissé pantois beaucoup de Maliens: «  Cet argent sert à quoi finalement ? Pour réduire en silence l’opposition ou pour qu’elle fasse correctement son travail ?».

Les partis de l’opposition malienne dénoncent régulièrement les « dérives » du pouvoir en place. Le weekend dernier, après l’oppression de plusieurs manifestations (marche des femmes des travailleurs compressés de l’HUICOMA, manifestation devant l’ambassade de France, manifestation des femmes contre la violence conjugale devant l’Assemblée Nationale dans la capitale malienne), le Parena, le parti de Tiébilé Dramé, a dénoncé « une dérive autocratique et autoritaire du régime d’IBK et de son gouvernement ». « Le président IBK et son nouveau gouvernement font planer de sérieuses menaces sur les libertés démocratiques fondamentales, notamment sur le droit de manifestation pacifique et la liberté d’expression. C’est intolérable et inacceptable ». Le Mali est-il tombé sous une nouvelle dictature ? s’interroge le Parena.

L’URD, le parti du chef de file de l’Opposition, a aussi dénoncé, le dimanche dernier, « la recrudescence de la répression par les autorités du Mali des manifestations pacifiques des organisations de la société civile ». Le parti de Soumaïla Cissé interpelle le Président de la République garant de la Constitution et son gouvernement sur ces dérives intolérables et leur rappelle que les libertés démocratiques chèrement conquises au prix du sang des martyrs au Mali sont de nature constitutionnelle et ne sauraient être remises en cause par qui que ce soit.

Après la victoire d’IBK lors des élections présidentielles 2013, lui et son challenger au second tour Soumaila Cissé ont décidé de l’adoption d’un statut particulier pour l’opposition malienne. Ledit projet de loi sera adopté le jeudi 19 février 2015 par l’Assemblée nationale du Mali. Elle permet aux partis politiques de l’opposition politique d’être consultés sur les grandes préoccupations nationales. En outre, elle accorde des avantages au chef de file de l’opposition.

M.K. Diakité

 SOURCE : Le Républicain

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