DIALOGUE NATIONAL INCLUSIF : interview avec Moussa AG Assarid, délégué de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA)

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Après le 4ème jour de son lancement et de la 3ème journée du début des travaux en plénière, notre journal s’est approché de  Moussa AG Assarid, délégué de la Coordination des Mouvements de l’Azawad (CMA) pour avoir son point de vue sur ce Dialogue.

« On nous a dit qu’on va parler de tout, mais l’accord ne sera pas révisé… »

lemalien.ml : Bonjour Monsieur ! Qu’avez-vous constaté du début des travaux du Dialogue National Inclusif en plénière du dimanche à aujourd’hui ?

Moussa AG Assarid : Pour le moment, je trouve qu’il y a un manque de traducteur, car il y a plusieurs personnes qui parlent dans différentes langues qui ne sont pas traduites en français et ça, c’est dommage ! Sinon dans l’ensemble ça se passe plutôt bien.
Dans la commission où je suis, concernant la gouvernance, nous avons une présidence, un rapporteur et une vice-présidente qui gèrent bien et on arrive à nous s’exprimer en toute liberté, en vérité, sincérité et en convivialité comme dit la devise du DNI.

lemalien.ml : Au départ de ce dialogue au niveau national, vous, vous avez refusé d’y participer, mais à deux (2) jours des travaux, vous avez accepté d’être présent à ce DNI, pourquoi ?

Moussa AG Assarid : Oui, ça fait parti des différentes négociations, parce qu’on est pas prêt à réviser l’accord issu du processus d’Alger dans cette manière là, donc, si on veut réviser l’accord il y a une façon qui est prévue dans l’accord lui-même, c’est-à-dire l’article 65 qui dit que « c’est le consentement des différentes parties signataires qui peut réviser l’accord ». On nous a dit qu’il y a pas de problème, qu’on va parler de tout, mais l’accord ne sera pas révisé comme ça.
Donc, nous, on est venu pour faire nos propositions, comme par exemple  » qu’il est un État fédéral « , c’est-à-dire avec plusieurs États fédérés. C’est la seule solution possible pour nous. Il est difficile pour nous de revenir en arrière avec un État unique dans un système de décentralisation qui a montré ses limites avec chaque dix (10) ans des rébellions.
Maintenant il faut trouver une solution et en plus les accords ne sont jamais appliqués. Nous pensons que le DNI peut proposer d’aller organisé une Conférence Nationale Souveraine ( C.N.S ) pour changer le système de gestion.

lemalien.ml : Qu’est-ce qui a amené ce bruit entre vous et certaines personnes dans la salle le lundi 16 décembre ?

Moussa AG Assarid : Oui, parce qu’on m’a empêché de parler Tamasheq, ma langue maternelle, alors qu’avant, il y a eu plusieurs personnes qui ont parlé dans dans d’autres langues. Je n’ai rien contre le Bamanankan, moi-même je parle Bamanankan, aujourd’hui, au début j’ai parlé Bamanankan, j’aime bien la langue et j’aime toutes ceux qui la parlent.

lemalien.ml : Mais, est-ce que le fait de prononcer certains mots n’amène t-elle pas ces tiraillements ?

Moussa AG Assarid : Mais, pourquoi toutes tiraillent quand je dis quelque chose ? Vas-y prend la parole et dit ce que tu veux et laisse moi dire ce que je veux.
Moi, j’ai dit que le territoire des cinq (5) régions ( Tombouctou – Gao – Kidal – Taoudeni et Menaka ) est l’Azawad, donc vas-y toi et appel les comme tu veux et je t’empêche pas de le dire.

lemalien.ml : Votre posture fait que les gens n’aimeraient pas entendre de votre bouche le nom « Azawad »

Moussa AG Assarid : Pourquoi ? Dans ce cas, on va m’inviter, si on ne veut pas m’entendre, qu’on m’évite. Moi, je respecte tout le monde. J’ai dit ici qu’il faut la vérité et une force d’arguments, preuve à l’appui et faire l’état de lieu de tout ce qui s’est passé avant. Il faut chercher les causes profondes ; c’est à partir de là, qu’on doit construire quelque chose de nouveau ou réparont ce qui a été cassé.

lemalien.ml : Qu’est-ce que la CMA veut à l’issue de ce Dialogue National Inclusif ?

Moussa AG Assarid : D’abord la mise en oeuvre de l’accord pour la paix, issu du processus d’Alger, que les recommandations soient appliquer, mais en tenant compte de nos propositions, c’est-à-dire chercher un système de gouvernance nouveau.

lemalien.ml : Votre dernier mot pour conclure ?

Moussa AG Assarid : Je trouve qu’il y a une bonne ambiance ; nous sommes contents d’être écouté jusqu’au bout de nos idées et d’entendre ce que disent les autres au fonds du pays pour la recherche d’une solution de sortie de crise.

Vinabé DENA

Envoyé spécial

Lemalien.ml

 

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