Pour la libre circulation et contre la migration irrégulière: les ONG et associations maliennes s’engagent

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Le jeudi 11 juin 2020, le Gouvernement malien par la voix du ministre des Maliens de l’extérieur, a officiellement lancé au parc du musée national, la cérémonie d’ouverture des activités de dix-huit OSC bénéficiaires d’un projet sur la migration. Cela, en partenariat avec l’AECID

Financé par l’Union européenne, ce projet a deux objectifs: informer et sensibiliser sur les risques et dangers de la migration irrégulière, et promouvoir la libre circulation des personnes et des biens dans l’espace CEDEAO.

Coordonné à l’échelle internationale par Mme Touria Chaugdani du Maroc et Dr Boulaye Keïta du Mali, le projet « Information et sensibilisation sur les risques et dangers de la migration irrégulière et la promotion de la libre circulation dans l’espace CEDEAO » est aujourd’hui en 2020 à son deuxième appel à manifestation d’intérêt.

Dix-huit organisations sont cette année sélectionnées en raison de leurs compétences et de leur engagement. Elles mèneront dans les mois à venir des actions d’information et de sensibilisation auprès des Maliens sur les risques liés à la migration irrégulière sans oublier la promotion des opportunités qu’offre la CEDEAO aux filles et fils de ses pays membres. Pour le moment, ce projet opère dans trois zones du Mali : Bamako, Kayes et Sikasso.

Tenue en plein air du verdoyant parc du musée national de Bamako, cette cérémonie a enregistré la présence de Son Excellence Miguel Gómez De Aranda y Villén, Ambassadeur du Royaume d’Espagne au Mali, de Salvador Pinto da França, Adjoint au Chef de mission de l’Union européenne au Mali, de certains ambassadeurs accrédités en République du Mali, des partenaires techniques et financiers et des organisations de la société civile, bénéficiaires.

Dans son intervention, le ministre des Maliens de l’extérieur après avoir salué les participants, a rappelé l’importance de ce projet à double volets et l’engagement du gouvernement malien dans ce cadre depuis septembre 2014. Néanmoins, il semble insatisfait de ce que subissent certains migrants dans l’espace CEDEAO.

《La CEDEAO a adopté depuis sa création en 1975, d’importants textes pour faciliter la mobilité des personnes et de leurs biens et promouvoir l’intégration sous-régionale. Cependant, pour la mise en œuvre de ces textes, des véritables contraintes demeurent》, a-t-il souligné.

Parmi ces contraintes, le minitre a parlé des tracasseries subies par les opérateurs économiques, les voyageurs routiers, …et cela, même en possession des documents authentiques de voyage, a déclaré le Ministre des Maliens de l’extérieur.

Des pratiques peu dignes que confirme Abdoulaye Maïga, jeune malien et vacancier sur la ville de Niamey, au Niger. Victime, Abdoulaye Maïga affirme posséder tous les papiers qu’il faut pour voyager sur l’espace CEDEAO mais les agents de sécurité aux frontières Mali-Burkina, Burkina-Niger l’ont obligé de payer de l’argent sous la menace d’être retenu hors du bus de transport lui et tous ceux qui ne possèdent pas la nationalité du pays à destination. N’ayant pas le choix, le jeune Abdoulaye Maïga et les autres passagers ont payé.

Dans une interview accordée à notre rédaction, Dr Boulaye Keïta, co-coordinateur national dudit projet, lance un message à la jeunesse malienne. 《Mon message à la jeunesse est qu’elle renonce à la migration irrégulière, les dispositifs existent pour l’ accompagner. Il faut qu’elle comprenne que l’eldorado, ce n’est pas l’extérieur, l’eldorado c’est chez soi》, a lancé Dr Boulaye Keïta à la jeunesse Malienne.

Un message qui rime avec les derniers mots de son Excellence Amoudou Koita, ministre des Maliens de l’extérieur dans son allocution.

Le ministre a rappelé que le Mali a adopté le 03 septembre 2014 la Politique Nationale de Migration (PONAM) qui constitue son cadre de référence en matière de migration. Parmi les plans d’actions de la PONAM, figurent la mise en place des dispositifs permanents en assistance humanitaire d’urgence en faveur des migrants en situation de détresses et l’instauration d’un cadre permanent de dialogue entre les décideurs et les acteurs de la société civile dans le domaine de la migration.

L’ambassadeur du Royaume d’Espagne au Mali a confiance aux dix-huit associations retenues pour ce deuxième Appel d’offre. 《Suite à la lecture des différents projets proposés, j’en suis sûr que ce fonds d’appuis ouvrira des nombreux horizons qui seront un véritable succès》,  a-t-il affirmé.

Pour l’Adjoint au chef de mission de l’Union européenne au Mali, ce projet renferme plus de symboles: les gens travaillent malgré covid.《Ce projet est une coopération déléguée, le fonds est pour l’UE qui ne fait rien sans ses États membres, il est donc confié à l’Espagne qui en fait la gestion.》, a-t-il expliqué.

La cérémonie a pris fin dans l’allégresse avec une photo collective et un déjeuner de qualité.

Aly Ousmane SARRE

 

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